Posted on

Bienvenue à la ferme et Chais L

Avril 2014 – Charente Libre.
Bienvenue à la ferme et Chais L.

Blandine Conte était un chef d’un centre de profit dans le secteur de la jardinerie pour Auchan à Tours, avec une quinzaine de personne sous ses ordres. Anne-Laure Conte était responsable commercial informatique à Paris et vendait des logiciels aux entreprises.

Professionnellement, tout allait bien pour les deux jeunes femmes. Et pourtant, elles ont tourné le dos à cette ascension professionnelle pour reprendre la ferme de famille, à Chillac, en 2011 pour l’une, l’année suivante pour la seconde qui venait d’être maman. Un choix de vie.

« Le déclic, c’est quand nos parents ont commencé à parler de retraite », confie Blandine. « Après tout ce qu’ils avaient fait, il aurait été dommage que tout s’arrête », poursuit Anne-Laure.

charente_libre_visuelBlandine (gauche) et Anne-Laure (droite) Conte au coeur de leurs vignes.

Les parents ont eux-même été surpris. « C’est drôle parce que ce n’est pas celle que je croyais qui a lancé l’idée. Et finalement les deux s’y sont mises », sourit Bernard Conte qui vient toujours filer un petit coup de main « pour les coups de bourre », entre deux voyages de retraité heureux. Le seul homme de cette fratrie, ingénieur agronome, a choisi une autre voix. Anne-Laure et Blandine ont faire un vrai choix de vie. « Cette ferme, c’était nos racines », estime Anne-Laure ? « Et puis la vigne, c’est un monde passionnant ? Il y a une pérennité dans ce travail que l’on construit au fur et ç mesure que l’on ne retrouve pas avec d’autres cultures », commentent les deux sœurs, même si elles produisent aussi des céréales. L’exploitation comprend 150ha de céréales plus 25h de vignes répartis en Fins-Bois et en Petite-Champagne, à Chillac, Saint-Aulais et Nonaville. Les deux sœurs n’étaient pas novices. Elles avaient baigné dans le milieu toute leur enfance. « On profite de l’expérience de nos parents, de la chambre d’agriculture, de nos deux employés », soulignent-elles.
Raymond Mandin suit le travail de la vigne et Christophe Doux est le mécanicien machiniste de l’exploitation. En arrivant, les deux co-exploitantes ont apporté un œil neuf sur la ferme. « On savait que c’est un travail dur pour des femmes. Alors on a souhaité limiter les charges inutiles. On a installé des escaliers dans les hangars plutôt que des échelles. On a acheté un trans-palette d’occasion pour porter les gros sacs », disent-elles. Elles ont utilisé leurs propres expériences au service du projet commun.

Et ça marche, puisque le vieux pineau que les femmes produisent a décroché 15/20 dans le guide Gault et Millau. Elle le présenteront ce dimanche. « On s’est inscrites dans le mouvement. L’année dernière, nous sommes allées voir les autres fermes. Cette année, on a voulu ouvrir à notre tour. » Surtout qu’en reprenant l’exploitation, elles ont décidé de développer la vente directe. Demain elles présenteront leurs pineaux vieux, blanc et rosé et le jus de raison. Elles commencent aussi à produire leur propre cognac qui n’est pas encore mis en bouteilles. Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, le compagnon d’Anne-Laure, qui a également quitté Paris pour suivre sa compagne, a monté son propre projet d’entreprise à Angoulême autour du jeu vidéo. Il a créé un jeu sur le thème de la vigne. Il s’appelle Grapes Issue et a décroché plusieurs prix.

quoteCette ferme c’était nos racines.